Marion Giendaj

Et si on relisait le billet de blog de Jérôme Cahuzac

by David Abiker

4 Avril 2013

Cet article est reposté depuis La toile de David Abiker.

Et si on relisait le billet de blog de Jérôme Cahuzac

Il y a dans les aveux de Jérôme Cahuzac un mot qu’on n’entend pas souvent. D’autant plus qu’il est conjugué de manière inhabituelle.

J’ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j’ai manqué et le souci de remplir les missions qui m’ont été confiées et notamment la dernière que je n’ai pu mener à bien. J’ai été pris dans une spirale du mensonge et m’y suis fourvoyé.

C’est le mot taraudant du verbe tarauder.

Jérôme Cahuzac, ses avocats ou son conseiller en communication ont particulièrement bien choisi ce mot. Tarauder veut dire à l’origine creuser en spirale, exécuter un filetage à l’intérieur d’un trou. On dit même que les vers taraudent une charpente.

Dans son billet de blog, Jérôme Cahuzac parle d’une lutte taraudante. On ne saurait mieux dire d’autant qu’ensuite il explique avoir été pris dans une spirale du mensonge. On est toujours taraudé en spirale, voilà pourquoi le mot est juste, voilà pourquoi la déclaration est forte et nous emmène au delà de la communication mais dans le ventre et le cerveau du menteur.

L’aveu de Cahuzac nous emmène dans les profondeurs de ses galeries intérieures. Ces galeries creusées par les vers du mensonge. C’est évidemment sa conscience et son appréciation du bien et du mal qui sont en question, sa capacité à distinguer les deux qui aura un temps été vermoulue.

Il y aurait beaucoup à dire également sur la spirale dans laquelle est tombée le Ministre. La spirale c’est évidemment ce qui vous aspire vers le haut ou vers le bas. La spirale c’est ce qui vous hypnotise quand vous écoutez de fausses paroles ou quand devant l’argent ou le pouvoir vous perdez votre discernement.

Le verbe tarauder a pour racine taraud.

Le taraud c’est l’outil avec lequel on perce. Mais si on cherche l’origine étymologique de taraud, on découvre tarière, un outil qui permet de faire des trous toujours plus gros, toujours plus profond. J'ai dû apercevoir cet outil chez Castorama mais également dans un ou deux films d'horreur atroces. Et lorsqu’on observe d’un peu plus près cet outil, on comprend que Cahuzac, en cumulant les mensonges et les contradictions, a dû également cumuler les nuits blanches et les interrogations.

Ce ne sont pas les scrupules qui l’ont étouffé mais bien les mensonges, qui l’ont taraudé, perforé pour in fine le faire partir.

En vrille.