Marion Giendaj

Belle comme une Cendrillon s’en revenant du bal en marche arrière

by David Abiker

8 Mars 2013

Cet article est reposté depuis La toile de David Abiker.

Belle comme une Cendrillon s’en revenant du bal en marche arrière

Jennifer Lawrence est tombée allant chercher sa récompense lors de la cérémonie des Oscars il y a quelques jours. Elle est tombée sans chuter, avec toute la grâce possible. D’abord une perte d’équilibre, ensuite un léger affaissement vers l’avant et, avec un temps de retard, comme ces footballeurs qui font un peu de cinéma (tiens, tiens), elle a porté la main droite à son front pour introduire un peu d’émotion dans la scène qui aurait pu provoquer les rires. Elle est tombé gracieusement Jennifer Lawrence, d’autant plus joliment que la traîne de sa robe était somptueuse ce soir-là.

En 1933, la comédienne Cécile Sorel lançait son fameux « L’ai-je bien descendu ? » au pied de l’escalier Dorian du Casino de Paris. Cette phrase est restée. Passée à la postérité. On descend désormais joliment l’escalier comme Cécile Sorel et on dit d’un air ingénu « L’ai-je bien descendu »…

Jennifer Lawrence vient de faire l’inverse. Elle a mal monté l’escalier avec une maestria infinie. Mais justement. Peut-être dira-t-on un jour « Ai-je bien raté la marche ? »…

Mais pourquoi cette chute est donc gracieuse ?

Belle comme une Cendrillon s’en revenant du bal en marche arrière

Quelle référence esthétique ? Quelle représentation collective de la maladresse sublime nous autorise aujourd’hui à considérer que la chute fut splendide ? La traîne de la mariée évidemment qui a évité à la jeune femme les sarcasmes ? Peut-être. Qui oserait se moquer d’une femme qui tombe si joliment à quelques secondes d’être sacrée reine de la soirée. Une Cendrillon à l’envers cette Jennifer.

Eh bien justement, ce qui nous permet de la trouver belle comme une cendrillon s’en revenant du balle en marche arrière, belle dans cette posture de désespoir c’est la représentation de la grâce telle qu’on nous l’a inculquée petit, peut-être. Et les observateurs de la scène ne s’y sont pas trompés qui nous livrent sur Internet un bel exercice de recherche graphique dans l’histoire du désespoir disneyen.

Chez Disney et désormais dans notre imaginaire, une princesse tombe toujours avec grâce et se désespère toujours en beauté.

C’est comme ça.

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